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Le témoignage d‘un stagiaire Chinois

Cheng LI, de l’université industrielle de Guangdong en Chine - titulaire d'une maitrise d’économie-gestion avec mention excellente, nous a confié ses impressions après 6 mois de stage effectués au sein de notre société en 2008.


Rapport de Cheng LI, ancien stagiaire de l’université industrielle de Guangdong en Chine - maitrise d’économie-gestion avec mention excellente.


Je suis un étudiant chinois en Master 2 Commerce à l’international à l’Université Paris XI. J’ai eu la chance de faire mon stage au sein d’Init, société spécialisée et en études de marché. C’était ma première expérience en tant que stagiaire étranger dans une entreprise française depuis mon arrivée en France un an auparavant. J’ai beaucoup appris auprès de mes collègues français au niveau de leur façon de réfléchir, de leur philosophie de travail et de leur art de la diplomatie, etc.

En comparant l’expérience avec mes stages réalisés en Chine, j’ai été très étonné par cette culture différente :

1.    Statut important : La société Init a réellement la volonté de former les stagiaires. Mes collègues investissaient beaucoup de temps pour m’expliquer le maximum de choses, malgré mes difficultés en français. Quand ils avaient des déplacements chez les clients ou les prestataires, ils m’invitaient à les accompagner pour apprendre. Lorsqu’ils avaient des rendez-vous téléphoniques, ils me proposent d’écouter les conversations avec leurs interlocuteurs puis de répondre à mes questions.

2.    Confiance :
Après deux mois de travail, j’ai été surpris et ravi que mes responsables me témoignent leur confiance en m’accordant une certaine autonomie. Puis, sous leur conduite, je m’occupais de quelques opérations quotidiennes et ils me considéraient comme un véritable collègue de travail.

3.    Intégration :
Chez Init, mes collègues étaient très gentils avec moi, un « petit stagiaire étranger », en me donnant toujours l’impression que je faisais partie de la grande famille. Ils ont même invité les stagiaires à participer aux réunions de travail et nous ont accordés le droit d’exprimer spontanément nos opinions.

4.    Rémunération : La société Init, comme d’autres entreprises françaises, apprécie le travail des stagiaires et les rémunère correctement. En Chine, il y a très peu d’entreprises qui recrutent des stagiaires et les responsables ne leur font pas assez confiance, ils ne leurs délèguent que les tâches les plus simples, non techniques, en considérant qu’ils ne sont pas expérimentés. Certains stagiaires n’ont même pas d’ordinateurs et souvent pas de bureau. D’ailleurs, la plupart des stagiaires ne sont pas payés ou sont très mal payés.

5.    Hiérarchie :
A Init, j’ai vécu dans une harmonie agréable. Le PDG, les directeurs clientèle s’entendent bien avec les chargés d’études et les stagiaires. Après le travail, nous déjeunions et plaisantions toujours ensemble et il nous est arrivé d’organiser des petites soirées entre nous. Les collègues sont « très copains » entre eux sans distance hiérarchique. Dans les entreprises chinoises, la hiérarchie reste évidente. Généralement, les directeurs chinois prennent leur distance avec les cadres et les employés ; ils sont très sérieux, autoritaires et stricts avec leurs subordonnées et ces derniers les craignent et se montrent très polis, respectueux, discrets et vigilants face à leurs responsables.   

6.    Collectivisme : Par rapport aux Chinois, qui considèrent toujours en premier les intérêts collectifs, les Français sont présentés comme assez individualistes. Mais chez INit, chaque membre attachait beaucoup d’importance au sens d’équipe et le montrait véritablement dans les coopérations quotidiennes.


7.    Relation interpersonnelle : En comparaison avec les employés chinois, les salariés d’Init jouent un rôle plus participatif sur certains sujets concernant le développement de l’entreprise. La démocratie se concrétisait surtout quand ils avaient des idées opposées à celles de la Direction. Ils étaient assez courageux pour exprimer leurs idées et pour les défendre avec vigueur, tandis qu’en Chine, les employés sont plus obéissants face à leur direction. Les Français accordent la priorité aux tâches alors que les Chinois considèrent d’abord la relation interpersonnelle. 

8.    Rapport homme / femme : En Asie, les entreprises ont plutôt une culture machiste et c’est très souvent l’homme qui dirige les firmes alors qu’en France, l’homme et la femme sont davantage égaux. A Init, la situation est particulière, étant plus nombreuses, mes collègues françaises jouaient même un rôle plus important. Dans certaines occasions, j’étais le seul homme, et le déjeuner était le moment où j’ai eu l’occasion de découvrir la culture des femmes françaises.   


9.    Conclusion : Ces 6 mois de stage m’ont enrichi d’un savoir-faire et d’un savoir-être qui seront très utiles pour ma future carrière professionnelle tout particulièrement en matière de culture d’entreprise. Cette expérience précieuse me permettra de mieux travailler dans le domaine des relations franco-chinoises.